Gazette L'Indépendance
« Située entre Brévoy et les Royaumes Fluviaux, la région des Terres volées est un territoire si répugnant que la vie semblerait presque rose chez ses voisins. Des lieues et des lieues de bois infranchissables, de marais putrides, de lacs boueux et de déserts arides, regorgeant de monstres et de brigands... si ce soi-disant joyau fait toujours l'objet d'âpres contestations entre les contrées environnantes, c'est tout simplement parce qu'aucune d'entre elles n'est prête à céder la première. Depuis des années, les Seigneurs des épées de Restov promettent le titre de baron à toute personne capable de maîtriser le chaos qui règne sur ce lopin désolé. Un à un, aventuriers et chevaliers en tout genre ont tenté leur chance. Ils ne devaient pas s'attendre à un tel bourbier, car aucun n'est revenu. Tous... sauf un. Oui, l'un de ces candidats a récemment relevé le défi et remporté la prestigieuse récompense. Et puisque Sa Grâce m'a promis une charmante petite décapitation en cas de médisance, je vais tâcher de voir la situation sous un jour positif. J'ai donc la joie de signaler que le nouveau baron de ces Terres volées a éradiqué le banditisme sur son territoire. Dorénavant, le voyageur tombant nez à nez au hasard d'une route avec un groupe d'individus aux visages patibulaires et aux épées affûtées poussera un soupir de béatitude. Car ces malandrins ne sont pas de simples coupe-jarrets, mais plutôt d'honorables brutes chargées de faire respecter la loi. Bien sûr, le terme « route » est à considérer au sens métaphorique, puisqu'en guise de voie carrossable, l'on compte guère qu'une ancienne sente naine envahie par les mauvaises herbes. Dès ses premiers pas, l'intrépide voyageur plonge ainsi dans une mélasse profonde dégageant de puissants arômes musqués de nature sauvage. Ah, le bonheur d'un bain de boue rafraîchissant ! S'ensuit la découverte émerveillée de la faune et la flore locales. Dans ce cadre enchanteur, mille-pattes, trolls, ours-hiboux et araignées géantes folâtrent gaiement, avides de se repaître de chair fraîche. En approchant de la capitale, j'ai d'abord été marqué par... les remugles. Ensuite me sont parvenus les échos harmonieux des coups de marteau, des scies à main et des injures des bâtisseurs. Enfin, la bourgade s'est dévoilée à mes yeux. Sa splendeur n'a d'égale que le village brévien typique. Que vous soyez charpentier, tailleur de pierre ou, tout particulièrement, balayeur de rues, vous y serez accueilli à bras ouvert. Néanmoins, je doute que vous puissiez prétendre à une rémunération autre qu'un accueil chaleureux. Quoi qu'il en soit, je suis persuadé qu'un avenir glorieux attend cette nouvelle baronnie. J'ai ainsi décidé de prolonger mon séjour, afin de documenter en détail les exploits du baron, dans le but d'éduquer ses descendants et de vous divertir. Si je ne perds pas ma tête après la publication de ce billet, vous en saurez plus dans le prochain numéro ! »
- Coût
- 10 gp
- Poids
- 1 lb
