Si le craquement humide m'a arraché une grimace instinctive, le gémissement m'a forcée à contempler la scène :

Si le craquement humide m'a arraché une grimace instinctive, le gémissement m'a forcée à contempler la scène : le teint blafard, commençait à vaciller. Nous l'avons rattrapé de justesse, mais il a sombré dans l'inconscience. Il ne devait reprendre ses esprits que plusieurs heures plus tard, nous gratifiant alors d'un récit étonnant. Il s'avère que les prêtres bourbiérins consomment des libellules bleues pour entrer en état de transe hypnotique et entendre la volonté de leur « déesse » et créatrice, nul autre que le seigneur démon Gogunta. Dans son rêve, a plongé dans les temps anciens. Là, il a découvert comment les bourbiérins avaient bâti leurs villages, envahi leurs voisins et réduit leurs petits en esclavage, comment ils s'étaient livrés à des rituels de sang pour honorer de gigantesques monstres amphibiens, le tout sur fond de ricanement sinistre dont les échos résonnaient au travers de ces siècles de ténèbres... Il avait également vu un prêtre enterrer un monceau de bijoux, le fruit de pillages, dans sa hutte, au lieu de les offrir à sa cruelle « déesse ». Folle de rage, Gogunta avait alors fait s'abattre un terrible fléau sur la tribu, condamnant ce prêtre à être le dernier des siens... Nous avons donc fait demi-tour et quitté cet abominable marais, le buisson vorace, apaisé, nous laissant passer sans coup férir. Sur le chemin, nous n'avons pas manqué de faire halte à la hutte du prêtre afin de déterrer le trésor qui avait jadis causé la perte de toute sa tribu.

Si le craquement humide m'a arraché une grimace instinctive, le gémissement m'a… — Kingmaker